Il n’étaient pas forcément tels au départ. Pour la plupart, ces divers assistés auraient pu s’épanouir s’ils n’avaient pas été sensibles au message sournoisement instillé dès la maternelle et répété par une bonne partie du peuple endormi et débonnaire : Fais-toi fonctionnaire, c’est peinard, tu travailles peu ou pas et tu as la sécurité à vie.

Le besoin de sécurité est humain, ils ont cédé aux sirènes et les voilà, après au mieux une courte période de frictions pour ceux d’entre eux qui avaient gardé une motivation et de la bonne volonté, réduits à l’état de parasite insatisfait.

À l’autre bout de l’échelle, les exemples ne manquent pourtant pas de personnes qui ont courageusement surmonté leur caractère, leurs lacunes ou même un handicap apparemment sérieux pour vivre une vie d’exception : de Lord Byron à Théodore Roosevelt, en passant par Blaise Pascal et tant d’autres.

Pour revenir à nos sociétés « démocratiques » modernes, ceux qui ont renoncé se sentent d’autant plus excusables que l’État, et particulièrement en France il faut bien le dire, s’acharne à décourager les individus qui ont de l’ambition et des idées originales, possiblement porteuses de progrès. À moins éventuellement d’être des virtuoses du subventionnement et d’avoir quelques relations bien placées, leurs menées sont systématiquement étouffées dans l’œuf par le Minotaure de l’administration, ses taxes et le parcours du combattant de ses procédures.

Ainsi l’État est non seulement une machine à exploiter les capables actifs et bien entourés au profit des inactifs, mais aussi un système bien rôdé pour faire entrer dans le rang des inactifs les plus prometteurs des actifs.