L’ordi aujourd’hui c’est un peu comme si sur les parkings toutes les places étaient réservées aux handicapés. Dans les départements marketing les « créatifs » entendent faire croire aux néophytes qu’avec leurs produits ils assureront comme des pros, et au final ils les empêchent d’apprendre et en même temps dégoûtent les pros.

On peut certes taper sur Microsoft qui a sans doute joué une part non négligeable au début du mouvement, mais ceux qui l’on suivi bêtement ne méritent pas davantage d’éloge : à force de vouloir ouvrir la porte aux soi-disant « nuls » dans les programmes informatiques (du lecteur de vidéo au logiciel professionnel hyper-spécialisé, sans aucun discernement), les développeurs (ou leur département marketing) perdent tout bon sens et deviennent plus bêtes que ceux qu’ils s’imaginent favoriser.

Progressivement, par un marketing mal pensé, on a voulu faire passer l’ordinateur pour une sorte de robot omniscient, et on n’a pas jugé utile dans cette démarche de faire la différence entre utilisateurs occasionnels de loisir et utilisateurs professionnels, jugeant probablement que ces derniers n’avaient rien d’autre à faire de leur journée que de reconfigurer leurs logiciels pour supprimer à chaque mise à jour tous les gadgets et les effets spéciaux dérisoires qui sapent leur productivité et leur nerfs, toutes les fonctionnalités aussi prétentieuses qu’inopérantes — essentiellement destinées à appâter le chaland néophyte — et tous les changements totalement gratuits dans les interfaces, qui leur imposent de changer leurs habitudes à tout bout de champ.

La situation à cet égard est encore pire pour les professionnels de branches qui n’ont rien à voir avec l’informatique, car ceux-ci recherchent productivité et efficacité, et ne sont guère intéressés dans le bidouillage de leur programmes qui sont pour eux des outils et absolument pas une fin en soi. Du reste même avec la meilleure volonté du monde, de tels réglages sont rendus de plus en plus difficiles d’accès, et chaque éditeur entend bien nous asséner qu’en dehors du prototype de  « nuls » qui hante ses cauchemars point de salut pour nous. 

Alors qu’il devient de plus en plus clair que les personnes peu portées sur l’informatique vont de plus en plus abandonner les ordinateurs portables ou de bureau au profit des smartphones, tablettes ou encore consoles de jeu, les changements sont longs à venir sur la scène de l’informatique « classique », bien au contraire. Par exemple, on ne peut plus guère trouver d’ordinateur portable dépourvu d’écran tactile, alors que ce type d’écran impose une réflectivité qui limite considérablement l’intérêt de cet accessoire à la fois mobile et fixe (à l’opposé d’une tablette, on ne le tient généralement pas en mains quand on l’utilise et on ne peut généralement pas se déplacer ou se retourner pour éviter l’effet miroir).

Dans le prochain épisode nous parlerons de cet autre manière redoutablement efficace de nous faire perdre notre temps : la souris.